Le noir vu du ciel从天上看到的黑色   2012

从天上看到的黑色

要想领会黄晓亮的创作,就得愿意进入这间暗室,艺术家在里面通过复杂的工艺,制作出独特的图像,让它们从最初的黑暗中脱身出来。不要过分考虑这些图像的出处,而是应丢弃技术研究,接受加诸于每一幅图像上的黑色的分量。接受黑色以及不合常理的纯白,阴影部分的轻盈,人物默默无闻却又如此引人注意。这种黑色,它包含了所有的色彩,还是可见性产生的根本。因为,如果只剩下光,我们就什么也看不到了。况且我们的瞳孔其实就是一个暗腔,正是它,让我们的目光能够正常视物。注视黄晓亮的摄影作品,让我们感觉到,在去看这个沉浸在透明光亮中的世界之前,我们必须将轮廓、形状以及景色从黑暗中分离出来。自我们生活中浓重的迷惘里脱身而出,以便让一个奇迹得以显现。在《春天里屋檐下》,黑色的建筑物阻挡了视线,占据了图像的四分之三,但也让两个孩童的身影显现出来,随后是两只鸟儿,一旁的垂柳在向它们微微致意。此刻,图像的这两个部分之间并无对立,因为黑色既是内容也是框架,还是基调,它让某种基于此的东西成为可能,从而可以冠以童年、友谊、思乡或者春天等各种名称。在《温情已不是爱》中,手拿花束的孩子此刻同样是从一个令人不安的空洞中走出来,朝着光明飞奔而去,人们猜到那里有气球,以及一个完全想象中的国度……
这些精心修饰的图像让人们听到孩子的笑声,还有啁啾鸟  鸣,树叶在林中沙沙作响,河里打水漂的回声,以及对一个过去的愿望的怀念。摄影师创造奇迹,只是因为他看到并且期待着它们。日常生活中的奇迹,一条鱼从泥塘中跃起,一匹马停在桥上,抑或用细绳牵着飞机的影像都给了我们创造新世界的机会,从天上看到的世界。

佳玥

林馨怡

 

 

Le noir vu du ciel

Pour appréhender le travail de Huang Xiaoliang, il faut accepter d’entrer dans la chambre obscure où l’artiste, par des procédés complexes, fabrique des images singulières extirpées d’une obscurité originelle. Il ne faut pas  trop se demander d’où viennent ces images, mais se libérer de la recherche technique et accepter le poids du noir en chacune d’elles.

Accepter le noir et paradoxalement la candeur, la légèreté des ombres, l’anonymat des personnages pourtant si attachants.

Accepter ce noir qui contient toutes les couleurs, et qui est aussi le lieu à partir duquel surgit la visibilité. Car, si tout n’était que lumière, nous ne verrions rien. D’ailleurs, notre pupille, cavité obscure, est cela même qui permet au regard de faire son travail.

Regarder les photographies de Huang Xiaoliang, permet de ressentir qu’avant de voir le monde dans sa transparente luminosité, il nous faut détacher des silhouettes, des formes et des paysages, de l’obscurité.

Se détacher de la nuit épaisse de nos vies pour qu’un miracle apparaisse. Dans « Spring under the roof », l’architecture noire qui bloque le regard et occupe les trois quart de l’image permet aussi l’apparition de deux silhouettes d’enfants puis de deux oiseaux délicatement salués par des saules pleureurs. Pas d’opposition ici entre ces deux parties de l’image, car le noir fait office de contenu, de cadrage, mais aussi de tonalité, à partir duquel quelque chose devient possible et qui peut prendre le nom de l’enfance, de l’amitié, de la nostalgie ou du printemps.

Dans « Tenderness is no longer love », l’enfant, un bouquet à la main, se détache là aussi d’une cavité inquiétante pour foncer vers la lumière où l’on devine des ballons, puis tout un pays imaginaire…

Ces images sophistiquées laissent entendre des rires d’enfant, mais aussi des chuchotements, le froissement des feuilles dans les arbres, la résonnance d’un ricochet dans une rivière, la nostalgie d’un désir passé.

Le photographe invente des miracles, tout simplement parce qu’il les voit et les attend. Miracles de la vie quotidienne où le saut d’un poisson dans un marécage, un cheval arrêté sur un pont ou l’image d’un avion tiré par une ficelle permettent d’inventer un nouveau monde, vu du ciel.

Christine Cayol

Fondatrice de Yishu 8